Bonsoir à toutes et à tous (1),
Ce matin, chez nous au Gaec des collines du midi, nous sommes entrés en grève du lait.
C’est un acte grave, sérieux et ultime. C’est à nos yeux un acte de résistance mais aussi un cri d’alarme. Tout le travail que nous abattons jour après jour, c’est pour produire du lait. Quand nous rentrons du foin, lorsque nous semons du blé, que nous soignons nos animaux, que nous plantons des clôtures ou réparons notre matériel, tout est mis en oeuvre afin de produire du lait et le vendre afin d’avoir un revenu.
Depuis plus d’un an le système nous agresse, les différentes actions que nous menons avec nos collègues de la confédération paysanne nous démontrent que les politiques se lavent les mains de la disparition programmée des fermes comme la notre.
Alors ce matin, avec un collègue paysan, nous avons chargé notre lait dans une tonne à lisier et il a servit à "nourrir" l’action de la confédération paysanne devant l’usine candia de La Talaudière.
C’est très dur de jeter le fruit de son travail, beaucoup plus que je ne le pensais mais nous ne voyons pas d’autre issue.
Demain, Catherine va à nouveau traire nos vaches, nous stockerons ce lait qui, une nouvelle fois, alimentera le mécontentement des producteurs de lait.
Cette grève durera tant que la commission européenne n’aura pas décidé d’une diminution des quotas laitiers afin de retrouver un équilibre entre l’offre et la demande au niveau lait en Europe et que le prix du lait ne sera pas revenu à un niveau nous permettant de vivre de notre travail.
La crise ne fait que commencer, notre combat aussi ! !
A bientôt et merci de m’avoir lu,
Laurent Pinatel au nom de l’équipe du Gaec des collines du midi.
(1) message envoyé aux adhérents des AMAP de Beaubrun et du Remue-Méninges à St-Etienne.