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Justice pour Théo !
500 personnes se sont rassemblées le 15 février Place du Peuple à St-Etienne
lundi 27 février 2017, par Roger Dubien


Le 2 février à Aulnay sous Bois, Théo, 22 ans, a été violé au cours d’un contrôle de Police (1).
Comme partout, l’émotion a été forte à St-Etienne en apprenant ce qui s’était passé. Et cette colère était palpable au rassemblement du 15 février place du Peuple à St-Etienne.
Ce sont les jeunes communistes qui ont lancé cet appel à réagir, en se rassemblant mercredi soir Place du Peuple. "Contre la répression policière et pour exiger justice pour Adama, Théo et toutes les autres victimes de la police".
Plusieurs autres mouvements et organisations se sont joints à cet appel (2)

Et alors que la nuit tombait, environ 500 personnes - jeunes pour la plupart - se sont retrouvées Place du Peuple, ou plusieurs prises de parole ont eu lieu avant qu’un cortège se forme, qui a défilé vers la rue de la Résistance, le quartier du Palais de Justice, pour revenir place du Peuple. Pendant que des barrages policiers interdisaient l’accès de la place de l’Hôtel de Ville et de la place Jean Jaurès...



Cette colère des jeunes, Vincent, de la JC, l’a dite avec force :

"Combien encore ?
Combien de familles verseront encore des larmes lorsque l’un des leurs rentre chez lui mutilé ou ne rentre jamais ?
Combien de vies encore ?
Combien encore de Adama, de Zyed, de Fethi, de Tina, de Louis, de Bouna, de Medhi, de Rémy, de Abdelakim ou ou de Raouf devront mourir ?
Combien de temps encore ?
Combien d’années encore faudra-t-il attendre avant que justice soit faite pour eux et pour ceux qui viendront ?
Combien de policiers tueront encore en toute impunité, protégés par le pouvoir, la justice et les médias ?
(...) Entre 2005 et 2015, on recense 98 morts connus. Sans compter plusieurs dizaines de blessés."

Exagération ? Alain Bertho, universitaire, sociologue, auteur du livre récent "Les enfants du chaos", qui depuis 20 ans travaille sur les révoltes de la jeunesse et la vie qui lui est faite, parle de "la mort qui rode" et confirme avec précision la gravité des choses (3).

En écoutant les paroles de Vincent, on mesure le gouffre qui s’est creusé entre une grande partie de la jeunesse et la police, et aussi la justice, qui sont censées protéger les citoyens, faire respecter le droit, et faire vivre la devise de la République "Liberté Egalité Fraternité" dont on a rarement été aussi éloignés.
Le racisme et la haine des jeunes dans la police sont une maladie répandue. Au point qu’un responsable syndical - pourtant pas membre de celles des organisations de policiers notoirement infiltrées par le FN - parle à la télévision de "bamboulas" pour parler des blacks.

"La grande majorité des victimes sont issues des quartiers populaires ou « Zones Urbaines Sensibles » comme l’État aime mettre des jolis noms sur des tristes choses", a dit Vincent. Elles sont aussi pour la plupart issues de l’immigration.
Illustration immédiate : un jeune frappé récemment place Fourneyron parce qu’il avait fait une remarque sur la façon dont une famille étrangère était contrôlée par des policiers a expliqué ce qu’il a subi et les conséquences graves. 5 côtes cassées, et d’autres blessures...


Voilà de quoi mieux comprendre la "popularité" du slogan "tout le monde déteste la police" parce que "la police déteste tout le monde"...
"Certains bien pensants républicains diront que ce mot d’ordre est trop radical et trop violent. Mais qui sont-ils pour juger la colère de ceux qui subissent la répression au quotidien, qui sont condamnés à être, pour utiliser le vocabulaire du pouvoir, des criminels, juste à cause de leur couleur de peau, de leur situation sociale ou pour avoir résisté face à l’injustice ?"
"Qui sont-ils, ces bien pensants, pour juger ceux qui par désespoir finissent par répondre à la violence de l’État par la violence ? Parce-que la question n’est pas de savoir si cette réaction est une bonne chose ou pas, mais plutôt de comprendre pourquoi des personnes en arrivent à cette réaction ! Et il suffit de faire un historique des méfaits de la police sur ces dernières décennies pour le comprendre."
(...) "Aujourd’hui nous sommes là en soutien et pour montrer que nous nous battrons tous ensemble pour défendre nos camarades victimes de cet État répressif, pour défendre la Justice, la vraie Justice, pas celle du Ministère ! Pas de justice, pas de paix !"

C’est à cette réalité que fait écho Alain Bertho quand il dit : "Il y a une responsabilité historique de la Gauche à faire ce qu’elle n’a pas fait en 2005 (ni avant) : affirmer que ce traitement policier et raciste des inégalités est une question politique centrale, affirmer que tous ces jeunes maltraités et racisés par les institutions font bien partie du peuple dont ils se disent les représentants, refuser définitivement le dévoiement éradicateur et islamophobe de la laïcité qui fait aujourd’hui des ravages. Bref il est temps de mettre fin à la division du peuple que l’Etat a mis en œuvre depuis quarante ans, quel que soit le parti au pouvoir".

Les violences policières sont une réalité. A quand une police qui respecte les personnes et la jeunesse ?
On a vu le comportement d’une partie des policiers lors du mouvement contre la loi travail.
Autre question : le comportement de la Justice. Vincent a rappelé les poursuites contre les jeunes suite au mouvement contre la loi travail.
Et, "petit exemple simple qui peut parler à plusieurs d’entre vous présents aujourd’hui puisqu’il est local : il y a un an à Drancy, un policier municipal a enfoncé une matraque télescopique dans l’anus d’une personne interpellé entraînant une fissure de 1,6 cm. Le policier en procès, risque une peine de 6 mois de prison avec sursis avec un an de mise à pied. Martin Pontier, pour s’être défendu face à 7 policiers, a écopé de 8 mois de sursis et de 5 ans d’interdiction d’exercer dans la fonction publique. C’est ça qu’on appelle la balance impartiale de la justice ?"



Une succession de lois liberticides

Parmi les prises de parole qui ont suivi, celle de Nina, JC elle aussi, qui a dressé la liste des lois liberticides instaurées en France ces dernières années.

"Le 8 Février, le projet de loi dit de « sécurité publique », présenté en procédure accélérée, a été approuvé à l’Assemblée Nationale à la quasi unanimité par la quinzaine de députés présents ce jour là. Seul un député a voté contre. Cette proposition de loi est annoncée comme la réponse du gouvernement aux dernières manifestations de la police et aux événements de Virry Chatillon (...)
Ce texte n’est qu’une énième loi liberticide et répressive. La liste est longue : rien que ces quatre dernières années sous le mandat présidentiel de François Hollande nous pouvons en comptabiliser 4, dont la fameuse loi sur le renseignement portée par Manuel Valls autorisant la pose de micros et de caméras dans des lieux privés, le piratage d’ordinateurs, l’utilisation de valises espionnes, la collecte en temps réel des données de connexion...
Le code de déontologie de la Police Nationale a été modifié par la volonté de N. Sarkozy puis de Manuel Valls qui fait entrer ce nouveau code en vigueur en 2014 : Il est aujourd’hui plus demandé au policier d’agir « dans le respect des lois » mais simplement « d’assurer les respect des lois ». Rappelons-nous aussi des lois ultras sécuritaires sous le mandat de N. Sarkozy - comme les lois Perben ou la Loppsi 2 - qui donnent le droit d’inscrire dans les fichiers de police des informations nominatives, donne la possibilité aux OPJ d’accéder à toute information informatique par de simples demandes aux fournisseurs d’accès internet, donne de nouveaux pouvoirs aux forces de l’ordre, notamment par rapport aux fouilles de véhicules et contrôles d’identité, augmente la durée possible de garde à vue, élargit les écoute téléphoniques..."

"Cette nouvelle loi portée par B. Cazeneuve puis par Bruno Le Roux prévoit aujourd’hui :
-  Le remplacement et la modernisation des équipements de Police, principalement armes et véhicules
-  L’élargissement de la possibilité de l’usage des armes à feu par la police (jusqu’alors régi par la loi de légitime défense) dans plusieurs situations : face à la menace de personnes armées, pour défendre le terrain qu’ils occupent ou les personnes qui leur sont confiées ou lorsqu’une personne ou un véhicule cherche à fuir et qu’ils ne peuvent l’arrêter autrement).
Elle prévoit également :
-  L’anonymat des gendarmes et policiers dans le cadre d’une affaire juridique
-  La possibilité d’armer des agents de sécurité privée si les risques sont jugés importants
-  l’élargissement d’intervention des équipes de surveillance pénitentiaire
-  L’augmentation doublée des peines encourues en cas d’outrage aux personnes dépositaires de l’autorité publique ou de « rébellion ».
Tout cela alors que la police française est reconnue comme l’une des plus répressives et agressives. Nous pouvons citer Théo, Adama, Medhi, l’évacuation brutale des migrants qui sont la cible d’expérimentations en matière contrôle des foules, la liste n’en finit plus ! Le 13 Mai dernier suite aux violences constatées durant les mouvements de la Loi Travail, mais aussi suite aux perquisitions menées dans le cadre de l’État d’urgence, au traitement des migrants de Calai, le comité de l’ONU contre la torture demande à la France de mieux protéger les populations visées par des actes haineux. Il écrit, je cite : « Le Comité est préoccupé par les allégations d’usage excessif de la force par les fonctionnaires de polices et de gendarmerie ayant, dans certains cas, entraîné des blessures graves ou des décès ».

Les violence et les crimes perpétrés par la Police doivent cesser, l’impunité et le sentiment d’impunité doit cesser ! Alors qu’il est de plus en plus urgent de prendre des mesures dans ce sens, le gouvernement décide dans la plus grande tranquillité de les alimenter avec cette loi qui sera le dernier grand projet de l’activité parlementaire de ce quinquennat. Il y a de quoi être cynique alors que durant sa campagne, F. Hollande promettait de lutter contre le « délit de faciès », et qui aujourd’hui, avec l’aide de son gouvernement social-libéral ultra sécuritaire, considère la pauvreté, la misère, la vie de banlieue, l’immigration, la grève et la protestation comme des délits voire des crimes. Nous ne définissons décidément pas ces mots de la même manière...
La vrai délinquance porte un costume cravate, et elle est protégée par des hommes en uniforme !

Nina a conclu en citant John Steinbeck ("les raisins de la colère") : "La répression n’a pour effet que d’affermir la volonté de lutte de ceux contre qui elle s’exerce et de cimenter leur solidarité..."

 Notes  

(1) Rappel : article 222-23 du code pénal : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. ». Or le parquet de Bobigny (dépendant du ministre de la Justice) avait abandonné la qualification de viol, estimant que le policier n’avait pas eu l’intention de commettre un viol !...

(2) Comité des Travailleurs Privés d’Emploi et Précaires CGT, Parti Communiste Français 42, Comité Antifa Saint-Etienne, la liste "Les Mauvais Jours Finiront", NPA 42, Réseaux Citoyens, Les Amis de l’Humanité Loire et BDS42.

(3) Alain Bertho parle de "la mort qui rode". Voir sur son blog https://blogs.mediapart.fr/alain-bertho/blog/170217/adama-et-theo-au-coeur-de-la-presidentielle :
"Nous n’entamerons pas une polémique sur le nombre de jeunes hommes morts dans des circonstances impliquant les forces de police durant les deux derniers quinquennats. Ils se comptent par dizaines. Ne retenons que ceux qui ont suscité une forte émotion collective et celles de ces morts violentes qui ont provoqué des émeutes. Parlons de Mushin et Larami, 16 et 15 ans, tués dans une collision avec une voiture de police, le 25 novembre 2007 à Villiers le Bel. Parlons de Mohammed Benmouna mort à 21 ans au cours d’une garde à vue à Firminy le 7 juillet 2009. Parlons de Hakim Djelassi, mort à 31 ans d’un malaise cardiaque dans un fourgon de police à Lille le 26 septembre 2009, de Wissam El Yammi mort à 30 ans le 2 janvier 2012 après son arrestation à Clermont-Ferrand, de Lahoucine Ait Omghar mort à 26 ans lors de son interpellation le 28 mars 2013 à Montigny en Gohelle. Parlons d’Adama Traoré mort le 19 juillet 2016 à 24 ans.

Zyed et Bouna en 2005 sont mort d’avoir fui la police, d’avoir fui un scenario de maltraitance qu’ils connaissaient par cœur, qui fait partie de la vie de cette jeunesse. Comme, avant eux, Mourad Belmokthar mort dans sa fuite à 17 ans, le 2 mars 2004 à Saint-Jean du Gard, de l’une des 17 balles qui ont été tirées dans sa direction par les gendarmes. Ils ne sont pas les seuls, d’autres ont payé de leur vie cette panique devant le contrôle d’identité aux conséquences parfois incontrôlables :
-  Iliess, 16 ans, tué le 28 septembre 2008 à Romans sur Isère dans un accident de voiture alors qu’il était poursuivi par la police.
-  Jason, 18 ans, mort le 10 juillet 2009 dans un accident de moto lors d’un barrage de police à Louviers.
-  Yakou Sénogo, 18 ans, tué le 9 août 2009 : dans un accident de moto alors qu’il était poursuivi par la police à Bagnolet.
-  Mohamed el-Matari, 21 ans mort 25 Octobre 2009, alors qu’il tentait d’échapper à un contrôle en moto à Fréjus
-  Malek Saouchi, 19 ans mort le 20 Janvier 2010 à Woippy dans une course en scooter poursuite avec les forces de l’ordre.
-  Jimmy, 17 ans, de Sevran, mort électrocuté le 4 Mai 2010 en fuyant la police Gare du Nord.
-  Luigi, 22 ans, père d’une fillette de deux ans, tué le 16 Juillet 2010 à Saint-Aignan lors d’une course-poursuite après un contrôle de gendarmerie.
-  Deux enfants tchétchènes mort à l’arrière d’une voiture conduite par des mineurs dans un accident après une poursuite avec la police en octobre 2014 à Haguenau
-  Elyes, 14 ans mort le 15 Février 2015 à Romans sur Isère en fuyant la police en voiture.
-  Pierre Elliot 19 ans mort le 1 juin 2016 en tentant de fuir un contrôle de police à Tourcoing."...




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