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La laïcité questionnée

Gérard Di Cicco : "Laïcité : émanciper, plutôt"

vendredi 27 février 2004

Gérard Di Sicco © mpv

Gérard Di Cicco (*) commence par rappeler quelque chose qui est passé totalement inaperçu : un député, Jacques Myard, avait déjà proposé un texte de loi sur le voile le 1er août 2002 à l’Assemblée Nationale. Rejeté tout de suite, alors.
Mais qu’est-ce donc qui a changé, depuis, pour en arriver à cette agitation ? Peut-être un peu le calendrier électoral ?

Gérard Di Cicco, insituteur et directeur d’école dans le quartier de Montchovet à St-Etienne, a écrit un petit livre sur la laïcité, qui ne parlait pas seulement de voile... La laïcité, "ça fait 30 ans que j’en fais, dont plus de 20 dans les quartiers "sensibles", c’est-à-dire où il faut travailler avec les élèves avec beaucoup de sensibilité". Et "une des bases essentielles de cette laïcité, selon lui, c’est l’écoute et le respect. Réciproques. Et alors, ça marche."
Alors, parler de laïcité en termes d’interdiction, ça lui parait un contre-sens, une contradiction dans les termes. "La laïcité est avant tout un espace d’émancipation et de liberté".

Maintenant que nous en sommes là, Gérard Di Cicco pense qu’il faut réfléchir à comment essayer de "sortir par le haut du moment difficile dans lequel nous sommes" ?. Le côté positif de cette affaire c’est que des citoyens sont en train de prendre en mains eux-mêmes le problème.
Alors, pourquoi ne pas essayer d’établir un "Code de la laïcité " ?. "Le problème du foulard, ce n’est qu’un aspect. On s’est fait piéger dans cette histoire".
Des gens, comme par magie, viennent de se découvrir laïques... Des laïques de circonstance... Ne faut-il pas tout remettre à plat, redéfinir les rapports entre les religions et l’État ? "Qu’en est-il en 2004 des rapports entre les religions et l’État, de TOUTES les religions ?"

En "mettant les religions à égalité". "Invitons la religion musulmane, à côté des autres religions, à avoir sa place. C’est la responsabilité de la République. La religion musulmane doit avoir ses lieux de culte et des lieux dignes".

Gérard Di Cicco fait aussi remarquer qu’au plan international, le pays ne sort pas grandi de cette histoire, qui "donne une image minable de la France".


(*) Ce texte est un résumé de l’intervention de Gérard Di Cicco lors de la conférence-débat qui a eu lieu jeudi 19 février à l’AL de Tardy sur "Islam et laïcité", Plus de cent personnes ont participé à cette soirée-débat au cours de laquelle Michel Morineau, Saïda Kada, Yamin Makri et Raymond Vasselon sont également intervenus.