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Contre la guerre et le terrorisme

Exiger l’application et le respect du Droit pour le peuple palestinien.

lundi 22 mars 2004, par Vincent Bony

Nous publions ci-dessous le texte de l’intervention de Vincent Bony (AFPS et Collectif Palestine) au rassemblement qui a eu lieu le 20 mars à St-Etienne...

Saint-Etienne, 20 mars 2004

Dire non à la guerre et au terrorisme au Proche-Orient c’est exiger l’application et le respect du Droit pour le peuple palestinien.

Il faut le crier haut et fort, ce n’est pas avec une armée, qui bafoue impunément depuis des décennies le droit international, qui chaque jour torture, humilie, détruit les maisons, arrache les oliviers, vole la terre et l’eau, ce n’est pas avec des mitrailleuses qui tuent des enfants, des hélicoptères qui bombardent des civils, ce n’est pas avec des barrages qui paralysent et étouffent la vie de tout un pays, ni avec d’immenses murailles qui veulent enfermer et incarcérer tout un peuple, que l’on peut garantir la sécurité et construire la Paix.
Non ce n’est pas en semant ostensiblement la misère et la terreur organisée et planifiée, ce n’est pas en cultivant allègrement l’injustice et le mensonge, que l’on peut oser prétendre combattre la violence, alors que l’on a tout fait et que l’on continue de tout faire pour la provoquer et l’attiser.

Oui, la terreur qui sème aveuglément la mort, quelle que soit l’origine et la motivation, est une horreur face à laquelle nous devons nous engager avec force et détermination.

Mais cessons d’être hypocrites en faisant mine de croire que toutes ces violences sont comparables. La terreur de masse mené par un Etat comme Israël au nom d’une politique colonialiste injuste et illégale, n’est pas du même ordre que celle perpétrée par des éléments radicaux d’un peuple écrasé depuis trop longtemps, brûlé depuis trois ans "au fer rouge" et qui a perdu tout espoir de faire respecter ses droits à travers une solution politique équitable.

Oui, il faut condamner la violence et les horreurs des uns et des autres, car nous savons combien la boucherie entraîne la boucherie et que la spirale de l’impardonnable nous éloigne chaque jour un peu plus de l’espoir d’un compromis, acceptable par les palestiniens, permettant que palestiniens et israéliens puissent un jour vivre ensemble sur cette petite terre qui, rappelons-le, était tout entière la Palestine avant 1948.

Mais nous ne pouvons pas être crédibles et efficaces dans notre engagement contre la guerre et contre tous les terrorismes sans nous engager avec force et détermination, de manière résolument non violente, mais tout aussi radicale, contre l’injustice.

Et au Proche-Orient ce n’est pas Israël qui subit l’injustice. S’il est assurément injustifiable que des civils meurent dans des attentats, il faut être clairs, l’injustice permanente depuis 1948, l’injustice politique, économique et morale, l’injustice grandissante, oppressante et terrorisante, c’est l’injustice imposée par Israël au peuple palestinien. Cette injustice, et cette violence-là, est l’injustice mère de tous les maux qui ne cessent de ravager le Proche-Orient.

Pour que cessent la guerre et les terrorismes, il est donc impératif que cessent l’occupation, la colonisation et l’humiliation collective imposée aux Palestiniens. Il est impératif d’exiger de l’ensemble des nations qu’elles fassent enfin pression pour faire appliquer à l’Etat d’Israël toutes les résolutions de l’ONU depuis 1967.
Ces résolutions sont fondées sur le droit international. Elles sont officiellement acceptées et revendiquées par les palestiniens depuis les accords d’Oslo comme base d’une Paix juste et possible tant espérée. Mais l’application de ces résolutions, qui devait être le résultat du processus de Paix, n’a été mise en œuvre par aucun gouvernement israélien. Pendant dix ans Israël a fait languir tout un peuple par des déclarations malheureusement contredites par les faits d’une colonisation toujours grandissante.

Aujourd’hui il est aussi impératif que les nations assument, d’urgence et avec fermeté, la protection de l’ensemble de la population civile palestinienne menacée par l’armée d’occupation israélienne. Telle est la seule voie pour sortir de la logique de guerre, de l’horreur et de la violence.

Et ce combat, nous devons le mener, et nous le menons, avec les femmes et les hommes des deux peuples qui s’engagent main dans la main contre l’occupation et contre la colonisation des territoires palestiniens envahis par Israël depuis 1967. Ce sont ces israéliens, courageusement en rupture avec le consensus sécuritaire de leur propre nation, ce sont ces palestiniens qui savent qu’il n’y a pas d’autre voie vers une paix juste qui leur fait si cruellement défaut, ce sont ces militants acharnés de la justice face aux canons, qui sont les bases d’un avenir commun, fondé sur le respect du droit, où Israéliens et Palestiniens pourront enfin vivre et reconstruire ensemble un pays prospère, pacifique et démocratique.

Mais il faut bien le reconnaître, un long chemin de souffrance et de lutte au quotidien reste de nouveau à parcourir à tous les artisans de Paix qui s’engagent sans détour pour le droit et contre l’injustice.
Chacun, chacune, est bienvenu pour s’y impliquer. Merci