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Le collectif "Bois Noirs" alerte :
AREVA prétend abandonner le projet de réaménagement de l’ancienne mine d’uranium de St-Priest La Prugne (42)
dimanche 19 juillet 2015
Réaction scandaleuse d’AREVA : sous prétexte d’oppositions locales, elle abandonne le dossier de réaménagement de l’ancienne mine d’uranium des Bois Noirs. Les oppositions sont en fait contre les projets mal ficelés et sans garanties contre la radioactivité tant pour la période travaux que pour le futur. Les vraies raisons c’est qu’AREVA n’a pas de solution de confinement pour les résidus de traitement, ça risque de coûter cher... et on connaît les problèmes financiers actuels.
Les demandes du Collectif Bois Noirs :
"Exploitée de 1955 à 1980 cette mine d’uranium est le seul site en France qui n’a pas été réaménagé à la fin de l’exploitation. Sur le site il y a eu à la fois extraction et traitement du minerai d’uranium par le CEA puis COGEMA.
Outre les problèmes liés à la dispersion des ’’stériles’’ uranifères, se pose la question du stockage des résidus de traitement. Ces matériaux à fine granulométrie sont des déchets radioactifs. Ils sont stockés dans l’ancien lit de la Besbre, une rivière dont le cours a été dévié et canalisé rive droite.
Au total, 1,3 millions de tonnes de résidus ont été déversés et sont retenus par un barrage de 42 m de hauteur. Ils sont recouverts d’une nappe d’eau de 2 m d’épaisseur qui sert à limiter les émanations de radon.
Actuellement AREVA a l’obligation d’entretenir le site, de réaliser des contrôles de radioactivité et doit traiter les eaux pour respecter les normes de radioactivité à la sortie du site, d’où la nécessité d’utiliser des produits chimiques.
Malgré ces traitements toutes les expertises de la CRIIRAD ont montré que des taux anormaux de radioactivité sont détectés dans l’eau, les plantes et le milieu aquatique en aval du site.
Depuis plusieurs années, l’administration a demandé à AREVA de présenter un dossier de réaménagement du site. En 1996, la première proposition a été refusée à l’unanimité tant par les associations que par les élus locaux.
Les deux derniers dossiers présentés fin 2012 puis fin 2013 ont été déposés pour qu’AREVA puisse éviter les contraintes de règlementations grands barrages. Ces dossiers ont suscité de nombreuses questions et des oppositions.
Le Collectif Bois Noirs demande :
Un bilan environnemental complet. Il aurait du être déposé dans les deux ans suite à la circulaire de 2009.
Une expertise hydro - géologique.
Une réglementation adaptée aux divers déchets radioactifs stockés sur le site.
Une amélioration de la qualité du traitement des eaux pour ne plus contaminer les milieux environnants et les milieux aquatiques.
Le confinement des résidus pour contrer les contaminations radioactives et chimiques.
Les administrations ont donné un délai supplémentaire à AREVA pour le bilan environnemental (il devait être intégré dans le dossier déposé en vue d’une création d’Installation Classée Pour l’Environnement) mais on est désormais dans l’incertitude la plus totale quant au statut juridique du site.
AREVA a dernièrement refusé de répondre aux questions des associations, des élus et des administrations.
Relancée par la Préfecture, AREVA a répondu qu’elle abandonne ce dossier et les travaux de réaménagements. L’exploitant invoque des oppositions locales mais chacun sait qu’AREVA a des difficultés financières.
Mme Ségolène Royal, Ministre de l’Ecologie a elle même adressé un courrier en demandant à AREVA ’’de bien vouloir reconsidérer son point de vue’’.
Il est inadmissible qu’AREVA utilise des prétextes fallacieux pour éviter de se soumettre à ses devoirs. Tout indique que les travaux d’entretien à venir vont se faire à minima.
AREVA n’a pas été capable de présenter des dossiers convenables pour garantir de bonnes conditions sanitaires et environnementales.
Il est inquiétant de savoir que la radioactivité des résidus est éternelle et que les structures du site ont particulièrement besoin d’être sécurisées.
Il est intolérable de voir AREVA mépriser ainsi les populations et les administrations.
Nous n’acceptons pas qu’ AREVA fasse la loi. Nous demandons au Ministère de l’Environnement de tenir les engagements pris lors du rendez vous le 10 juillet dernier.
Collectif Bois Noirs
Juillet 2015
Transmis par Violette Auberger, conseillère départementale.

Plus d’infos : voir l’association Collectif Bois Noirs