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La mairie et la préfecture installent un bidonville à Saint-Etienne
60 personnes, dont 22 enfants, sur un terrain vague/décharge à Montmartre...
samedi 22 mai 2010, par Georges Günther


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dernière minute - mercredi 26 mai - Ce matin, nouvelle expulsion à St-Etienne, d’un immeuble rue Desjoyaux. 60 personnes, dont une quinzaine d’enfants, ont été mises à la rue.
Voir : http://www.solidarite-rroms.fr/



Ce texte est publié sur le site du Portail pour l’accès aux droits sociaux

Un terrain vague jonché ici ou là de détritus, coincé entre le cimetière de Montmatre et le chenil, c’est là que se sont regroupés, en désespoir de cause, les familles roms roumaines expulsées deux fois en deux jours par la préfecture et la mairie de St-Etienne.

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22 enfants dont la majorité a moins de 6 ans, un bébé de 4 mois et deux de 1 mois, au total 60 personnes environ, fatiguées par les deux expulsions qu’elles viennent de subir. Expulsion de l’immeuble de la rue Preynat à Beaubrun (voir), ce 19 Mai au petit matin, sur demande de la mairie puis, le lendemain matin, de celui du 33 bd de la palle appartenant à l’OPAC de la ville de St Etienne, dans lequel elles avaient trouvé refuge. Elles ont passé la nuit entassées dans quelques voitures et les deux ou trois tentes amenées par des membres du réseau de solidarité et le Secours Populaire. EMMAÜS a aussi amené dans un camion tout ce qu’ils ont pu rassembler.

La situation est désastreuse.
Les enfants bien sûr ne vont plus à l’école. Les adultes réfléchissent à la façon dont ils vont pouvoir trouver du bois, divers matériaux pour construire des cabanes.
Tous nous disent qu’ils n’en peuvent plus d’être expulsés, qu’ils veulent pouvoir rester quelque part.
Tous les efforts faits pour scolariser les enfants, gagner une fréquentation régulière de l’école, sont détruits. Une femme soignée pour le cancer se demande comment elle va se faire les piqûres journalières prescrites par l’hôpital.

Un désastre organisé par la mairie et la préfecture qui refusent obstinément d’examiner toute solution d’hébergement et de logement décente et durable.
Lors d’une récente entrevue demandée par le réseau de solidarité avec les roms, l’adjoint, représentant le maire, avait redit une énième fois que la mairie refusait de loger ou d’héberger ces familles, qu’elle avait demandé en priorité l’expulsion de Preynat et de Méons (un immeuble réquisitionné depuis deux ans par le réseau de solidarité) tout en n’excluant pas l’expulsion des autres lieux de vie des familles. Quand à la préfecture elle organise les expulsions et refuse également toute solution digne. Il y a 7 mois le préfet s’était engagé à prendre l’initiative d’une rencontre de travail entre les collectivités territoriales, l’Etat et les associations. Depuis rien.
Préfecture et mairie sont bien responsables de ce bidonville en cours de constitution à St-Etienne. Au lieu d’aider ces familles à accéder à un logement ou un hébergement, elles les parquent sur un terrain vague, alors qu’il y a de nombreux logements et bâtiment vides sur la ville et l’agglomération.
Après ça on pourra toujours avoir de bonnes paroles sur les droits de l’homme et sur les droits des enfants.

Malgré tout ce que pourront faire les associations, on sait vers quoi cette situation va déboucher. Un terrain qui va se transformer en gadoue dès la première pluie, sans WC, les rats qui vont immanquablement arriver, avec les aboiements des chiens en permanence, l’odeur du chenil qui deviendra vite difficilement supportable avec la chaleur, l’humidité, la poussière, la saleté. Et une population qui risque bien d’augmenter si les expulsions continuent.
Voilà comment à St-Etienne on traite les pauvres parmi les pauvres, en opposition totale avec les traditions de solidarité et d’accueil de la ville.

Bien sûr cette solidarité commence à nouveau à s’organiser. Immédiatement EMMAUS, le Secours Populaire, alertés par le réseau solidarité roms, ont répondu présents. Des travailleurs sociaux du SAMU social sont aussi venus voir ce qu’ils pouvaient faire. Tout le monde est catastrophé en découvrant la situation.

Ce matin, la mairie, contactée par un membre du réseau de solidarité a quand même accepté de mettre un point d’eau et quelques poubelles. Mais, le 1er adjoint, Mr Coynel, s’est cru autorisé à répondre : « Il faudra que, le réseau de solidarité, vous veilliez quand même à faire respecter la propreté ».
On croit rêver. La mairie expulse ces familles, refuse de les loger, installe un bidonville sur un terrain vague qui sert depuis plusieurs mois de décharge, brise une bonne partie du travail des associations, et demande à des membres du réseau de solidarité qui, bénévolement, tentent d’aider ces familles, d’assurer la propreté des lieux.
Irresponsables, méprisants, honteux, on ne sait pas trop comment qualifier ce genre de propos. Et pour les WC ? Là ce n’est pas possible, répond le 1er adjoint, « la mairie ne peut pas tout faire, demandez à la préfecture ». Lamentable !

Nous publions ci-dessous quelques photos et nous invitons chacun à venir se rendre compte de la situation sur place, à venir discuter avec les familles de ce qu’elles ont besoin.
Dans l’immédiat elles manquent de tout, notamment : toiles de tente, bâches, tables, chaises, réchauds et cuisinières à gaz, matelas, bouteilles de gaz et aussi des pelles, des bêches, des râteaux, des scies pour nettoyer le terrain, de quoi aussi fabriquer des toilettes sèches. Chacun peut amener ce qu’il a sur place ou prendre contact avec des membres du réseau de solidarité (06 82 31 24 86 - 06 28 25 54 35 - 06 83 28 82 17 - 06 09 04 69 98)

Georges Günther




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