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St-Etienne : familles Roms avec enfants expulsées, caravanes écrasées au bulldozer
Mais l’action est engagée pour obtenir le relogement
samedi 29 juillet 2006


Mardi matin 25 juillet 2006 vers 6 heures, les forces de police ont expulsé les familles Roms qui avaient trouvé refuge sur le terrain situé à coté de la gare du Clapier à St-Etienne. Plus de dix cars de police avaient été mobilisés pour expulser une soixantaine de personnes démunies, dont des enfants et des malades.
Quelques Roms en "situation irrégulière" ont été emmenés (la quasi totalité des Roms est en "situation régulière" : ils ont des titres de séjour "touriste" de 3 mois). Les autres ont eu seulement quelques minutes et n’ont pu sauver que de maigres effets. Les policiers ont bloqué tous les accès et empêché les personnes des comités de soutien au Roms et du DAL d’accéder au terrain pour les aider à récupérer des affaires.
Et puis un bulldozer a été amené pour écraser toutes les cabanes, caravanes (15 caravanes écrasées) et voitures, avec tout ce qui se trouvait dedans, c’est-à-dire le peu de biens de ces familles (ustensiles de cuisines, vêtements, effets personnels...).
Des tranchées ont été creusées pour interdire tout retour. C’est l’entreprise Arnaud, spécialisée dans les démolitions, qui a été mobilisée pour ce travail de fabrication et d’évacuation de débris.





le bulldozer détruisant les caravanes. Photographies de Freddy Gioia, prise de loin, à cause de l’interdiction de s’approcher... Le peu qui a pu être sauvé par les familles et les militants des mouvements de solidarité.

Une opération rondement menée ; en un peu plus de deux heures tout était fini. Comme l’a dit le directeur de cabinet du Préfet, "l’opération s’est techniquement bien déroulée".
Le même jour, le squat d’Izmir a aussi été évacué.

De quoi être fiers. Ainsi ça se passe comme ça, à St-Etienne, France, en juillet 2006. La civilisation et les droits de l’homme progressent à grande enjambées. Tout juste un mois après que le maire ait encore fait des discours sur "le développement durable", "la générosité", "l’efficacité économique sans perdre de vue l’aspect social", "la lutte contre les inégalités", la "réconciliation des 3 mondes : l’économie, l’écologie, le domaine social"... La générosité à coup de bulldozer, la solidarité en écrasant le peu de ceux qui n’ont rien...
Un Maire qui a quand même pris la précaution de partir en vacances pendant le forfait.
Indigne. Scandaleux. Et méprisable. Voilà un acte dont Thiollière aura du mal à se laver, quels que soient les dépenses de son service communication. Il faudra d’ailleurs revoir les panneaux "ville amie des enfants" - Unicef et cie à l’entrée de St-Etienne. Soit dit en passant, les organismes qui accordent sans trop faire attention des labels à cette municipalité de droite / droite extrême devraient y regarder de plus près et se méfier des éclaboussures.

C’est le nouveau Préfet de la Loire, M. Stéphane Bouillon, qui a accordé les forces de l’ordre pour cette opération. Ainsi, le jour même où il déclenchait dans la Loire le "plan canicule", le Préfet a mis des familles avec enfants à la rue, sans rien du tout ! Ni eau, ni WC, ni abri.

Les familles Roms se sont alors rassemblées sur le parvis de la gare du Clapier, et une discussion a eu lieu avec les militants du Comité de soutien aux Roms, de Tous les chemins mènent aux Roms et du DAL-Droit au Logement.
Décision a été prise par les familles et avec les familles de se battre pour le relogement. Et d’aller l’exiger en se rassemblant Place de l’Hôtel de ville.
En fin de journée ce mardi 25, et compte tenu de l’absence de réponse de la Mairie et de la Préfecture, décision a été prise de se rendre sur la Place Jean Jaurès toute proche, entre la Mairie et la Préfecture, et de s’installer pour la nuit dans et autour du kiosque à musique. Une quarantaine de personnes Roms ont décidé de mener cette action. Le campement s’est organisé.
Nuit du mardi au mercredi place Jean Jaurès. Nuit du mercredi au Jeudi Place Jean Jaurès. Sans rien, sauf ce qui a été apporté par la solidarité qui a commencé à se mettre en place. Et au début, la Croix Rouge a apporté des repas. Puis ça s’est arrêté. Pressions ?
Mais pas d’eau, pas de toilettes... Puis un container pour la poubelle a tout de même été obtenu.
Pourtant il y avait là, sous la canicule, un bébé de quelques mois, un enfant de 5 ans, deux fillettes de 9 et 11 ans, une femme enceinte, une personne handicapée moteur, des malades avec des traitements lourds (diabète, coeur).



Campement place Jean Jaurès, sous la canicule - photographies de Marie-Pierre Vincent

Jeudi soir, le Préfet et le Maire de St Etienne refusaient toujours d’examiner le relogement de ces familles. Avec la chaleur, l’absence de sanitaires, les conditions pour la poursuite de ce campement devenaient humainement impossibles pour les familles. Décision a alors été prise, après discussion entre les familles, le DAL et les comités de soutien aux Roms, et avec la solidarité de plusieurs personnes et organisations, de s’installer dans un nouveau lieu permettant de continuer à agir pour obtenir le relogement.
Il s’agit de l’ancien centre EDF situé 21 rue Béraud, qui est aujourd’hui inoccupé depuis 2 ans. C’est tout près de la Place du bicentenaire de la Révolution française (qui a besoin d’une remise à jour !), entre Centre 2 et Bellevue. 17 familles (une quarantaine de personnes) s’y sont installées depuis jeudi soir 21h. L’objectif n’est pas d’y rester : il s’agit d’un nouveau lieu d’action pour obtenir le relogement. Mais il y a des sanitaires, de l’eau, et de la place. C’est une solution d’urgence et d’attente tout en continuant à intervenir auprès de la mairie et de la Préfecture pour obtenir le relogement.

Jeudi soir, une heure après l’installation des familles au 21 rue Beraud, la police nationale a été envoyée sur place (une trentaine de policiers). Ils souhaitaient rentrer dans les locaux, s’assurer qu’il n’y avait pas de danger pour les présents (auparavant à la rue sous la canicule !) et contrôler l’identité des familles. Ce qui a été refusé. D’autant que ces identités ont déjà été relevées des dizaines de fois. Finalement après plusieurs échanges téléphoniques avec leur hiérarchie et les autorités préfectorales, ils ont décidé de partir. Il y a sans doute eu une hésitation sur l’évacuation. Par contre, il y a eu contrôle d’identité des personnes des associations de solidarité et organisations présentes.
Vendredi, la direction d’EDF a envoyé un huissier pour constater l’occupation de ces locaux en très bon état et qui ne servent à rien depuis des années.

La solution est à portée de la main

Cela fait maintenant au moins deux ans que dure le petit jeu de renvoi de responsabilités entre la Mairie et la Préfecture/l’Etat pour ce qui est du logement des Roms à St-Etienne.
Les familles Roms sont harcelées et expulsées de squat en squat sans jamais une solution de relogement. A chaque expulsion leur situation s’aggrave, elles perdent le peu de biens qu’elles avaient, les enfants ne peuvent plus aller à l’école. Il y a deux ans, plusieurs enfants Roms étaient scolarisés. Mais le harcèlement quasi quotidien et la chasse d’un squat à l’autre ont coupé les liens avec les instituteurs et les écoles.

Le directeur de cabinet du préfet a confirmé que le relogement n’avait pas été envisagé. Pour lui, la préfecture a fait appliquer une décision de justice à la demande de la ville de St Etienne. Mais le relogement de ces familles n’est pas de la compétence de l’Etat, mais des collectivités territoriales, donc de la mairie. Le Préfet ajoute maintenant dans la presse que la Roumanie est un pays sûr pour ses habitants.
Dommage alors que la situation n’y soit pas vivable pour les Roms !

Pour la Mairie, dixit le 1er adjoint Argoud sur FR3 - c’est de la responsabilité de l’Etat, donc de la Préfecture. Lui "n’a pas de solution". S’il y en a, qu’on les lui montre ! Un monument de mauvaise foi. On lui propose donc d’aller voir son ami Giraud, conseiller municipal, Président de l’OPAC-Métropole Habitat, par ailleurs récemment épinglé par un rapport officiel pour l’utilisation de critères ethniques pour l’attribution des logements HLM. 

Lors de la conférence de presse tenue ce vendredi 28 juillet rue Béraud par les familles, le DAL, le Comité de soutien aux Roms et Tous les chemins mènent aux Roms, Georges Gunther à rappelé, après l’avoir dit sur FR3, qu’"une grande agglomération comme St Etienne a les moyens de trouver une solution pour les reloger. 250 personnes au maximum sont concernées sur toute l’agglomération. Or rien qu’à St Etienne des milliers de logements sont vacants et immédiatement habitables notamment dans le parc public HLM."
Il faut savoir que St-Etienne est passée de 220 000 habitants en 1975 à moins de 178 000 aujourd’hui ! Ce ne sont donc pas les logements vides qui manquent dans l’agglomération stéphanoise. Avec un tout petit peu de bonne volonté, le problème des familles Roms qui veulent s’installer et envoyer leurs enfants à l’école serait réglé depuis longtemps.
Georges Gunther a donc redemandé le relogement des familles dans des conditions décentes. Elles ont des droits comme tout être humain a des droits : droit au logement, droit de vivre dans la dignité.
Il existe des centaines de solutions. Qui peut les mettre en oeuvre ? La mairie de St-Etienne, immédiatement. L’Etat : le Préfet a pouvoir de réquisition des logements quand il y a défaillance des collectivités territoriales. Et toutes les mairies de St-Etienne métropole ont aussi une part de solution. Chaque maire a une part de solution.

Maintenant, le problème est en grand sur la table.
Les élus et responsables de l’Etat sont devant leurs responsabilités : il faut résoudre le problème de façon humaine.

Pour protester...

Pour protester et exiger le relogement de ces familles, on peut :

-  Appeler le cabinet du maire de St Etienne (par ailleurs Président de St-Etienne métropole - standard : 04 77 48 77 48, demander le cabinet du maire).
-  e mail du maire de St Etienne : michel.thiolliere@saint-etienne.fr

-  Appeler le cabinet du préfet (numéro direct : 04 77 48 47 00)
-  e mail du Préfet : pref-loire@loire.pref.gouv.fr ; Stephane.Bouillon@loire.pref.gouv.fr

Le cabinet du Préfet et le cabinet du Maire de St Etienne ont déjà reçu de très nombreux appels téléphoniques de personnes demandant que les solutions de relogement décentes et stables soient mises en œuvre.

Des contacts pour la solidarité

Georges Gunther - DAL : 06 83 28 82 17 ;
Anna Pidoux - Comité de soutien aux Roms : 06 33 51 55 51
Marie-Pierre Vincent - Tous les chemins mènent aux Roms : 06 87 50 84 42

Côté population et associations, la solidarité s’est organisée.
Toutes celles et ceux qui veulent apporter leur aide sont invités à passer rue Béraud : "Nous avons besoin de bouteilles d’eau, de fruits, de crudités, de sacs poubelles, de matelas, de couvertures, de tables pliantes, de chaises, de balais, de lampes torches..." Et c’est ce qui se fait depuis ce vendredi : des personnes apportent de la nourriture, et viennent s’informer et discuter...

Une réunion des personnes, associations et organisations qui exigent le relogement des familles Roms expulsées du Clapier aura lieu ce lundi 31 juillet à 19h, au 21 rue Béraud. Chacun-e y est invité-e.




> St-Etienne : familles Roms avec enfants expulsées, caravanes écrasées au bulldozer
31 juillet 2006, par Père Marc PRUNIER, Aumônier des Gens du Voyage

C’est avec une extrême tristesse et un dégoût total que je lis ce récit de l’expulsion des familles Roms de Saint Etienne...

Il s’agit là, malheureusement, d’un fait courant aujourd’hui dans notre France qui se protège de plus en plus de toute présence étrangère, surtout de toutes populations considérées comme "à risque"...

Votre article est particulièrement précieux puisqu’il comporte quelques documents photographiques. Il mérite d’être connu largement.

L’événement relaté me rappelle l’expulsion dont j’ai été directement témoin le 6 Mars 2003 à Achères en Yvelines. Cette expulsion avait pu être dénoncée grâce à un reportage filmé qui commence à être bien connu : CARAVANE 55. Ce film, qui a obtenu le prix du festival des films des Droits de l’homme, a eu de nombreuses suites positives dont l’annulation du décret d’expulsion par le Tribunal de Versailles en 2005 et la condamnation du Préfet qui l’avait signé. Ce qui constitue une décison symbolique mais très importante, et qui encourage toute action de soutien de ces familles Roms pourchassées par la force publique. Plusieurs familles de cet ancien terrain ont également été relogées à Achères et ont maintenant obtenu leurs régularisation. On peut obtenir tout renseignement sur cette expulsion d’Achères auprès de l’Association ROMEUROPE à Paris.

Répondre à ce message

> St-Etienne : familles Roms avec enfants expulsées, caravanes écrasées au bulldozer
15 septembre 2007, par logiquement

La france n’est pas une anarchie où chacun fait ce que lui plait.on n’utilise pas le bien d’un autre sans autorisation et la France n’a aucune obligation vis à vis des Roms venus comme touristes .Avant de venir ils auraient du reserver et organiser leur sejour comme tout touriste Français qui voyage à l’étranger. Quant aux "sans papiers" (Je les appelle clandestins), un seule mot : Expulsion immédiate.

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